Célestin Bouglé, Le solidarisme, 1907 extraits choisis

Ces extraits sont issus de l’introduction de l’ouvrage « Le Solidarisme », disponible sur Gallica.

« Pour réparer ou remédier aux effets de la désharmonie, on invite alors l’individu à un effort sur lui même dans l’intérêt commun. On invoque à la fois son sens social éclairé et son utilitarisme bien entendu pour l’amener à préférer, non seulement un avantage lointain à un avantage prochain, mais un avantage collectif à un avantage individuel » p. 22

Chapitre premier solidarisme Bouglé

Chapitre premier solidarisme Bouglé

« Il serait aisé de montrer que les solidaristes se conforment à ces indications de l’usage lorsqu’il portent un jugement de valeur sur les diverses formes de la coopération. Ils tiennent ces formes pour d’autant plus hautes qu’elles offrent plus d’occasions à l’individu de perdre en quelque sorte son intérêt propre pour le retrouver dans l’intérêt du groupe dont il est membre. Si l’échange proprement dit laisse les égoïsmes mis en présence, la société de secours mutuels les unit déjà plus intimement si elle forme, des efforts de tous, comme une masse où chacun sera appelé à puiser à l’heure imprévue de la maladie. La coopération proprement dite nous transporte à un niveau encore plus élevé lorsque les coopérateurs consacrent tout ou partie des bonis à quelques œuvre commune : par exemple à l’entretien d’une caisse de retraites ou d’une caisse de propagande. En un mot l’homme est d’autant mieux préparé à obéir aux vœux de la solidarité qu’il est plus habitué à se considérer lui-même comme sub specie societatis, à se sentir comme une partie d’un tout dont le bien est son bien. » p.24

« Tarde ajoutait : « La solidarité a pour certains esprits le précieux avantage d’être la charité laïcisée. A ce point de vue nous ne gagnons rien au change, et nous n’avons fait que substituer un mot juridique et froid à un mot tout imprégné de tendresse humaine. » Mais est-il bien sûr que cette substitution de mot ne corresponde pas à un désir de changer les modes d’action eux-mêmes ? Ne s’agit-il pas de les rendre juridiques, en effet, en leur fournissant une cause, comme on dit en droit, et par suite en les soumettant à des sanctions ? Élever des devoirs larges, dont l’exercice est laissé au bon vouloir des individus, au rang de devoirs stricts, dont la collectivité puisse imposer l’accomplissement, donner en un mot à ceux envers qui on se reconnait ces devoirs un titre reconnu par la loi, un droit véritable, n’est-ce pas la pensée centrale du solidarisme ? » p.25

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